08/05/2024 - La conférence « Unveiling Gender Disparities in Science » a réuni des chercheurs de la Chaire Femmes et Science et des alumni à New York afin d’aborder les origines de la faible présence des femmes dans les sciences.

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L’évènement, exclusivement sponsorisé par Ardian et organisé par la Fondation Dauphine et la Fondation Dauphine US, s’est déroulé le 8 mai 2024 à la Villa Albertine à New York. La Villa Albertine est une institution française de l'ambassade de France aux États-Unis, créée pour établir un lien transatlantique entre les arts, les idées, l'éducation et la création artistique entre la France et les États-Unis.

Charlotte Alexander, professeure de droit et d’éthique à l’université Georgia Tech Scheller College of Business, Elyès Jouini, titulaire de la Chaire UNESCO Femmes et Science à l’Université Paris-Dauphine et Clémentine Van Effenterre, professeure adjointe en économie à l’université de Toronto ont mis en lumière les dimensions de la sous-représentation féminine dans les STIM - Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques. En effet, si des progrès significatifs ont été accompli au cours des dernières décennies, les femmes restent encore sous-représentées dans ces domaines cruciaux qui façonnent notre avenir technologique et scientifique.

 

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Mohamed Bouabdallah, Directeur de Villa Albertine et ancien élève de Dauphine, a souligné l'importance de la parité hommes-femmes dans les sciences, notant que les femmes sont sous-représentées dans la recherche et qu'elles sont souvent moins bien payées. Pour lui, il s'agit d'une question de justice et de promotion de la diversité. Il a rappelé que Marie Curie est la seule personne à avoir reçu deux prix Nobel. Mohamed a insisté sur la nécessité de miser sur les femmes et l'égalité des genres, précisant que Villa Albertine veille à maintenir un équilibre entre les sexes dans ses recrutements.

 

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Sara X. Huang, managing director chez Ardian et membre du Ardian Women's Club, a exprimé sa satisfaction de parrainer cet événement. Elle a souligné l'importance de soutenir les bourses pour permettre aux femmes de poursuivre des études scientifiques et de valoriser leur présence dans les sciences. En 2018, Ardian a créé le Ardian Women's Club pour soutenir ses employées féminines. Depuis 2011, l'entreprise est parvenue à doubler le nombre de femmes parmi ses effectifs.

 

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De gauche à droite : Charlotte Alexander, Elyès Jouini et Clémentine Van Effenterre

 

 

Selon Elyès Jouini, « cet enjeu social nécessite la participation de tous - comme la Chaire de Dauphine qui supporte les femmes et la Fondation dauphine USA. Ceci vise à encourager, fournir des réponses aux questions concernant les compétences, l'environnement financier qui impactent la faible [représentation] des femmes dans la science et l'informatique et leur statut. Afin d’inverser ces tendances dans les sciences, il faut identifier des actions concrètes pour offrir des opportunités égales à toutes les femmes et tous les hommes. »

Elyès Jouini a précisé qu'il existe une corrélation entre le travail et le revenu futur au niveau individuel. Au niveau collectif, la sous-représentation des femmes dans les grandes organisations scientifiques n'est pas seulement un gâchis de talents, mais aussi un manque de bénévoles, ce qui impacte négativement le progrès scientifique et technologique.

 

Clémentine Vaneffenterre a abordé les normes, les institutions et les politiques de marché qui créent des inégalités de genre. Elle a souligné que les femmes sont sous-représentées dans les études STEM et que "cet écart se creuse avec l'âge".

Elle a affirmé qu’il "n'y a pas de différences entre les garçons et les filles" en termes de compétences. L’écart que nous observons vient surtout des différences de préférences au sein des genres. Par exemple, les femmes ont tendance à être moins attirées par les domaines scientifiques. Des études montrent d’ailleurs que "les filles sous-performent dans une équipe géométrique et sur-performent dans une équipe de dessin" mais également que "les garçons ont de l'ambition et les filles ont des rêves". 

Ces tendances sont renforcées par les stéréotypes de genre observés dans les sociétés. En effet, il existe des disparités internationales : "nous avons 24% de femmes en STEM en Corée du Sud, 54% en Tunisie, et 29% au Sénégal." Beaucoup d’éléments peuvent changer la situation en atténuant ces stéréotypes : des politiques de soutien, une meilleure représentation des modèles féminins dans les familles et des enseignants dans les études scientifiques etc. Clémentine Vaneffenterre a noté que dans les écoles mixtes, les enseignants ont tendance à pousser les garçons vers les sciences plus souvent que les filles.

 

Charlotte Alexander a abordé la situation des femmes aux États-Unis. Elle a expliqué que les femmes occupent souvent des postes dans l'éducation, comme enseignants de maternelle, tandis que les hommes peuvent être pompiers. Cette répartition des rôles renforce la ségrégation et crée un cycle difficile à briser. En examinant les adjectifs et les phrases utilisés dans les lettres de recommandation, elle a observé que les femmes étaient décrites comme "organisées" et orientées vers des professions comme la pédiatrie, tandis que les hommes étaient qualifiés de "professionnels respectés" et orientés vers des domaines techniques, soulignant ainsi une différence de perception basée sur le genre.

 

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La conférence s'est terminée par une session de questions-réponses.

Les quotas pour les filles dans les études scientifiques ont été abordés. Les garçons sont plus enclins à postuler pour des travaux scientifiques. L'idée des quotas a été critiquée, car cela pourrait renforcer les stéréotypes et ne pas garantir que les meilleures candidates soient sélectionnées. Clémentine a mentionné que la qualité pourrait être affectée et que les performances ne seraient pas impactées selon les études existantes. Les femmes utilisent souvent plus de mots dans leurs lettres de recommandation, mais il n'y a pas de différences significatives entre les lettres écrites par des hommes et des femmes.

Il a également été souligné que, dans les pays ex-communistes, il existe a un schéma où les filles sont plus encouragées. Dans les pays occidentaux, seulement 15 % des filles suivent ce modèle. Les pays où il y a une infrastructure pour les enfants, comme en Tunisie et en Afrique du Nord, voient plus de femmes poursuivre et terminer leurs études pour obtenir la liberté et influencer leur discipline. Les pays plus développés montrent des tendances où les hommes dominent davantage que les femmes.

 

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Le lendemain de l'événement, Elyès Jouini a effectué une présentation au sein des locaux d'Ardian. Cette intervention a permis de poursuivre les discussions entamées la veille et de partager des perspectives précieuses sur les enjeux de la parité hommes-femmes dans les sciences.

 

 

Merci à nos invités pour leur enthousiasme à partager cette soirée avec nous et à tous les intervenants et partenaires qui ont rendu cet événement possible !